Article Centre Presse - Nov 06

Publié le par Jean Philippe GAUTIER

PATRIMOINE - Jean-Philippe Gautier a racheté l’ancien moulin du Pont pour en faire le siège de son cabinet d’architecte lussacois

Un moulin du côté de chez nous

Le patrimoine architectural n’est pas remarquable seulement quand il s’agit d’une église du XIIe siècle ou d’une chapelle. Le petit patrimoine rural et même le patrimoine industriel du XIXe siècle sont tout aussi remarquables. A Mazerolles, la minoterie du Pont était abandonnée mais un architecte lussacois l’a rachetée pour en faire le siège de son cabinet tout en préservant son histoire.

 Jean-Philippe Gautier (à droite) a de grandes ambitions pour la minoterie du Pont.

LES planchers marqués de l’ancien usage du grenier, l’escalier étroit et ancien, la charpente mise en valeur sous les combles trahissent le gout des rénovations respectueuses de l’histoire que l’on apprécie dans le cabinet d’architecte de Jean-Philippe Gautier. Les planches affichées aux murs, vues en coupes de bâtiments haussmaniens, croquis des flèches de la cathédrale d’Orléans reflètent cette passion pour l’architecture de la fin du 19ème et du début du 20ème. Assis à son bureau, Jean-Philippe Gautier croule sous les papiers et les plans dans les 500 m2 de son agence actuelle. « Je cherchais un lieu pour installer mon cabinet et surtout des locaux généreux en surface pour travailler à l’aise et entreposer nos documents. Nous sommes responsables à vie des bâtiments que nous construisons ce qui nous conduit à stocker une quantité énorme de papier. Dans un cabinet d’architecte, le tiers de la surface est occupé par ce stock. »

Bâtiment exceptionnel

Amoureux de l’architecture industrielle de la fin du 19ème, ce Lussacois qui a entamé sa carrièreà Paris avant de revenir en ses terres en 1998 raconte son achat de la minoterie du Pont comme une fatalité consentie. « On m’a proposé de m’installer à Poitiers mais je ne veux pas quitter le Sud-Vienne (…) J’ai eu cette opportunité d’acheter le moulin du Pont à la municipalité de Mazerolles qui l’avait acheté pour le sauvegarder et en faire un hôtel d’entreprises. Son cachet, la beauté du bâtiment et sa générosité en surface en faisaient l’agence idéale (…) Et puis, pour une agence comme la notre, spécialisée dans la réhabilitation du patrimoine architectural de la fin 19ème, quelle image ! » Quelle enseigne en effet que ce bâtiment de 2.300 m2 posé au bord de la Vienne. Sur 5 niveaux, le bâtiment réunit tout le process de broyage et de tamisage de la farine. D’abord entrainée par l’énergie hydraulique, la fabrication de la farine fut ensuite électrifiée par une turbine hydraulique. À chaque niveau, la charpente en bois, les parquets d’époque et les poulies, courroies et engrenages d’un autre âge sont autant de témoignages d’un âge industriel rural révolu. 

 

Projet lourd

Pas question de vider le bâtiment de ce témoignage. Bien au contraire ! « Nous allons figer ce process de tamisage de la farine et conserver tout le matériel de fabrication. Cela laissera 1.500 m2 disponibles pour l’agence. Si on fait un ratio au m2 c ’est totalement absurde mais (…) pour une activité comme la notre, rien n’impose de démonter le process. Le bâtiment est tellement grand que je ne vais pas l’abimer. » Abandonné depuis des années, il va falloir remettre le bâtiment en état. Aux 45.000 € d’achat, il faudra ajouter environ 457.000 € de travaux pour la seule remise en état sans aucun embellissement. Et Jean-Philippe Gautier ne donne pas dans la facilité « Nous conduisons beaucoup de travaux architecturaux HQE (NDLR : Haute qualité environnementale) et j’aimerais conduire cette réhabilitation de cette manière en remettant par exemple en service la turbine hydro-électrique pour produire l’énergie de l’agence. » Cela complique évidemment un projet qui en est encore au stade de l’étude financière. Même pour un cabinet d’architecte rompu à ce genre de projets, la réhabilitation de ce bâtiment « dans son jus » représente un chantier lourd. Jean-Philippe Gautier ne se hasarde pas à donner une échéance ferme « mais ce serait bien d’en terminer pour 2010. »

 Dominique Guinefoleau  

                                                         

 

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